.
Les pronoms
| Francais - Grammaire |
Grammaire : les pronoms
►Savoir expliquer :
Ce qu'est un pronom, à quoi il sert - Quelles fonctions peuvent occuper les pronoms dans une phrase - Quels sont les différents types de pronoms - ce qu'est un pronom anaphorique et un pronom déictique.
►S'exercer :
Exercice 1 : Relevez et analysez la nature et la fonction des pronoms présents dans l'extrait suivant.
Il regarda sérieusement la grande Nanon et lui dit :
- Ah çà ! ma chère enfant, suis-je bien chez monsieur Grandet, l'ancien maire de Saumur, frère de monsieur Grandet de Paris ?
- Oui, monsieur, chez un ben aimable, un ben doux, un ben parfait monsieur. Faut-il que je vous aide à défaire vos malles ?
- Ma foi, je le veux bien, mon vieux troupier !
N'avez-vous pas servi dans les marins de la garde impériale ?
- Oh ! oh ! oh ! oh ! dit Nanon, quoi que c'est que ça, les marins de la garde ?
C'est-y salé ? Ça va-t-il sur l'eau ?
- Tenez, cherchez ma robe de chambre qui est dans cette valise. En voici la clef.
Nanon fut tout émerveillée de voir une robe de chambre en soie verte à fleurs d'or et à dessins antiques.
- Vous allez mettre ça pour vous coucher, dit-elle.
- Oui.
- Sainte-Vierge ! le beau devant d'autel que ça ferait pour la paroisse. Mais, mon cher mignon monsieur, donnez donc ça à l'église, vous sauverez votre âme, tandis que ça vous la fera "Nanon fut tout émerperdre. Oh ! que vous êtes donc veillée de voir une robe gentil comme ça, je vais appeler mademoiselle pour qu'elle vous regarde.
- Allons, Nanon, puisque Nanon il y a, voulez-vous vous taire ! Laissez-moi coucher, j'arrangerai mes affaires demain ; et si ma robe vous plaît tant, vous sauverez votre âme. Je suis trop bon chrétien pour vous la refuser en m'en allant, et vous pourrez en faire ce que vous voudrez.
Nanon resta plantée sur ses pieds, contemplant Charles, sans pouvoir ajouter foi à ses paroles.
Honoré de BALZAC, Eugénie Grandet
Exercice 2 : Même exercice.
Aux cris que Marguerite poussait, la porte a été brusquement ouverte, et une voix s'est écriée :
- Qu'y a-t-il donc, ma voisine ?... Encore une crise, n'est-ce pas ?
J'ai reconnu la voix. C'était celle d'une vieille femme, Mme Gabin, qui demeurait sur le même palier que nous.
Elle s'était montrée très obligeante, dès notre arrivée, émue par notre position. Tout de suite, elle nous avait raconté son histoire. Un propriétaire intraitable lui avait vendu ses meubles, l'hiver dernier ; et, depuis ce temps, elle logeait à l'hôtel, avec sa fille Adèle, une gamine de dix ans. Toutes deux découpaient des abat-jour c'était au plus si elles gagnaient quarante sous à cette besogne.
- Mon Dieu ! est-ce que c'est fini ? demanda-t-elle en baissant la voix.
Je compris qu'elle s'approchait. Elle me regarda, me toucha, puis elle reprit avec pitié :
- Ma pauvre petite ! ma pauvre petite !
Marguerite, épuisée, avait des sanglots d'enfant.
Mme Gabin la souleva, l'assit dans le fauteuil boiteux qui se trouvait près de la cheminée ; et, là, elle tâcha de la consoler.
- Vrai, vous allez vous faire du mal. Ce n'est pas parce que votre mari est parti, que vous devez vous crever de désespoir. Bien sûr, quand j'ai perdu Gabin, j'étais pareille à vous, je suis restée trois jours sans pouvoir avaler gros comme ça de nourriture. Mais ça ne m'a avancée à rien ; au contraire, ça m'a enfoncée davantage... Voyons pour l'amour de Dieu... Soyez raisonnable.
Emile ZOLA, La mort d'Olivier Bécaille
Exercice 3 : Même exercice.
Un soldat s'approcha du tas de foin. Il vit la chatte, et donna un coup de baïonnette dans le foin avec négligence, en haussant les épaules, comme s'il sentait que sa précaution était ridicule.
Rien ne remua ; et le visage de l'enfant ne trahit pas la plus légère émotion.
L'adjudant et sa troupe se donnaient au diable, déjà ils regardaient sérieusement du côté de la plaine, comme disposés à s'en retourner par où ils étaient venus, quand leur chef, convaincu que les menaces ne produiraient aucune impression sur le fils de Falcone, voulut faire un dernier effort et tenter le pouvoir des caresses et des présents.
" Petit cousin, dit-il, tu me parais un gaillard bien éveillé ! Tu iras loin. Mais tu joues un vilain jeu avec moi ; et, si je ne craignais de faire de la peine à mon cousin Mateo, le diable m'emporte ! je t'emmènerais avec moi.
- Bah !
- Mais, quand mon cousin sera revenu, je lui conterai l'affaire, et, pour ta peine d'avoir menti, il te donnera le fouet jusqu'au sang.
- Savoir ?
- Tu verras... Mais tiens... sois brave garçon, et je te donnerai quelque chose.
- Moi, mon cousin, je vous donnerai un avis : c'est que, si vous tardez davantage, le Gianetto sera dans le maquis, et alors il faudra plus d'un luron comme vous pour aller l'y chercher "
Prosper MERIMEE, Mateo Falcone
Exercice 4 : relevez et classez dans ce texte tous les pronoms et déterminants.
Les lecteurs qui aiment à s'instruire doivent savoir que M. Jeannot, le père, avait acquis assez rapidement des biens immenses dans les affaires. Vous demandez comment on fait ces grandes fortunes ? C'est parcequ'on est heureux. M. Jeannot était bien fait, sa femme aussi, et elle avait encore de la fraîcheur. Ils allèrent à Paris pour un procès qui les ruinait, lorsque la fortune, qui élève et qui abaisse les hommes à son gré, les présenta à la femme d'un entrepreneur des hôpitaux des armées, homme d'un grand talent, et qui pouvait se vanter d'avoir tué plus de soldats en un an que le canon n'en fait périr en dix. Jeannot plut à madame ; la femme de Jeannot plut à monsieur. Jeannot fut bientôt de part dans l'entreprise ; il entra dans d'autres affaires. Dès qu'on est dans le fil de l'eau, il n'y a qu'à se laisser aller ; on fait sans peine une fortune immense. Les gredins, qui du rivage vous regardent voguer à pleines voiles, ouvrent des yeux étonnés ; ils ne savent comment vous avez pu parvenir ; ils vous envient au hasard, et font contre vous des brochures que vous ne lisez point. C'est ce qui arriva à Jeannot le père, qui fut bientôt M. de La Jeannotière, et qui, ayant acheté un marquisat au bout de six mois, retira de l'école monsieur le marquis son fils, pour le mettre à Paris dans le beau monde.
VOLTAIRE, Jeannot et Collin
Exercice 5 : avec ou sans aide, trouvez 10 exemples pour chaque type de pronoms.

